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25/09/2013

Poète

 

Jules Supervielle

Poète et écrivain franco-uruguayen né le 16 janvier 1884 et décédé le 17 mai 1960. Les grands espaces et l'océan de l'Uruguay lui laissent une impression de vide et d'isolement. De 1902 à 1906, Jules suit des études de lettres. Puis il s'installe à Paris après la première guerre mondiale et devient ami avec Michaux et Paulhan. Il écrit beaucoup de poésie pendant cette période. Supervielle retourne en Uruguay pendant la seconde guerre mondiale (1939-45). De retour en France à nouveau, il continue à écrire mais il est gêné par des problèmes de santé. Il meurt le 17 mai 1960, cinq ans après avoir reçu le grand prix de l'Académie française (en 1955).

Voilà quelques poésies.


 

Hommage à la vie

 

C’est beau d’avoir élu
Domicile vivant
Et de loger le temps
Dans un coeur continu,
Et d’avoir vu ses mains
Se poser sur le monde
Comme sur une pomme
Dans un petit jardin,
D’avoir aimé la terre,
La lune et le soleil,
Comme des familiers
Qui n’ont pas leurs pareils,
Et d’avoir confié
Le monde à sa mémoire
Comme un clair cavalier
A sa monture noire,
D’avoir donné visage
À ces mots : femme, enfants,
Et servi de rivage
À d’errants continents,
Et d’avoir atteint l’âme
À petits coups de rame
Pour ne l’effaroucher
D’une brusque approchée.
C’est beau d’avoir connu
L’ombre sous le feuillage
Et d’avoir senti l’âge
Ramper sur le corps nu,
Accompagné la peine
Du sang noir dans nos veines
Et doré son silence
De l’étoile Patience,
Et d’avoir tous ces mots
Qui bougent dans la tête,
De choisir les moins beaux
Pour leur faire un peu fête,
D’avoir senti la vie
Hâtive et mal aimée,
De l’avoir enfermée
Dans cette poésie.

 


 

La goutte de pluie

 

Je cherche une goutte de pluie
Qui vient de tomber dans la mer.
Dans sa rapide verticale
Elle luisait plus que les autres
Car seule entre les autres gouttes
Elle eut la force de comprendre
Que, très douce dans l’eau salée,
Elle allait se perdre à jamais.
Alors je cherche dans la mer
Et sur les vagues, alertées,
Je cherche pour faire plaisir
À ce fragile souvenir
Dont je suis seul dépositaire.
Mais j’ai beau faire, il est des choses
Où Dieu même ne peut plus rien
Malgré sa bonne volonté
Et l’assistance sans paroles
Du ciel, des vagues et de l’air.

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Commentaires

Coucou du matin !
Une âme poétique ce matin la Vendéenne, je t'avoue que je ne connais pas ce poète et les chanteurs non plus...
Bon mercredi et des gros bizoux à vous deux de nous !

Écrit par : françoise la comtoise | 25/09/2013

Très beaux ces deux poèmes et comme j'aime celui de "La goutte de pluie", métaphore il me paraît de ce qui est le plus précieux, au-delà des choses, la simplicité.

Merci pour ce délicieux moment et Bonne journée.

Écrit par : Monique C | 25/09/2013

Les commentaires sont fermés.

 
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